Commémoration pour Fabian – Rétrospective d’un an de recueillement et de combat :
Le 2 juin 2025 vers 17h25, Fabian, 11 ans, jouait dans un parc avec la trottinette de son grand frère. Au volant d’un SUV, la police l’a pris en chasse au milieu du parc sans gyrophares ni sirène, à plus de 40 km/h. Les policiers lui ont foncé dessus et l’ont écrasé. Le véhicule n’a pas freiné. Fabian aura 11 ans à jamais.
Dès le lendemain, les habitant·es du quartier se joignent à la famille et les collectifs d’associations d’aide aux familles des victimes de violences policières se rejoignent sur le lieu de l’accident pour une commémoration.
Le 5 juin, une cérémonie d’adieux est organisée avant le départ du cercueil de Fabian vers la Moldavie, dont sa famille est originaire.
Le 8 juin, a lieu une marche blanche en direction du commissariat de Molenbeek-Saint-Jean, où des fleurs ont été déposées après une minute de silence.
Si la semaine a été principalement marquée par des rassemblements de commémoration pour l’enfant tué par la police, un sentiment de colère et d’injustice se dégageait des hommages rendus. La marche du 8 juin se transforme rapidement en confrontation face à l’arrivée de la police, présente en nombre et lourdement armée face à une foule familiale endeuillée. Plusieurs manifestant·es seront blessé·es lors de l’usage du canon à eau et des LBD de la BAB (Brigade Anti-Banditisme), au moins une personne sera également arrêtée.
Les jours précédents, de nombreux témoignages relatent des faits d’intimidations et de répression envers la famille et les soutiens (présence policière massive, injonction au retrait de banderoles assortie de menaces de sanctions, perquisitions, arrestations de jeunes, souvent non-blancs, présents dans le parc le soir).
L’enquête concernant l’accident et la mort de Fabian est confiée au comité P. Au cours de l’enquête, le parquet de Bruxelles a expliqué que les policiers avaient tenu des déclarations contradictoires aux éléments objectifs du dossier concernant l’absence de gyrophare et de sirène lors de l’intervention.
Le 11 juin, le policier conducteur du véhicule est placé sous mandat d’arrêt puis arrêté. Le 13 juin, il comparaît devant la chambre du conseil. Une manifestation organisée par le Syndicat national du personnel de police et de sécurité (SNPS) a alors lieu devant le Palais de Justice en soutien à leur collègue. Une cagnotte a également été ouverte par une association de soutien aux policiers victimes d’accidents graves (Alpha Cops ASBL).
Ce même jour, un rassemblement citoyen en soutien à la famille de Sourour Abouda, également tuée par la police le 12 janvier 2023, a lieu au même endroit. Les soutiens des mouvements contre les violences policières, également présents, forment alors un contre-rassemblement à celui des policier·es, qui manifestent en uniforme. Celui-ci sera violemment réprimé (nasse et contrôles d’identité).
A l’issue de la comparution, la chambre décide de prolonger la détention du policier conducteur de la voiture sous bracelet électronique pendant 1 mois, qui fera appel de la décision. Le 2 juillet, la libération sous condition du policier est actée par la Chambre des mises en accusation. Il reprend alors son service au sein de la zone de police de Bruxelles-Ouest, pour des tâches administratives.
Le 2 février 2026 a lieu une cérémonie dans le parc Elisabeth rassemblant plusieurs dizaines de personnes autour de la famille du Fabian. Après de longues demandes, Bruxelles Environnement accepte de planter un arbre à proximité du lieu de l’accident. Depuis le mois de juin, sur les lieux de l’accident, la famille, les habitant·es du quartier et leurs soutiens avaient créé un lieu de recueillement informel, un cercle du souvenir, composé de fleurs, poèmes et peluches. Au matin du 2 février, les autorités détruisent ce lieu de recueillement. Une partie des objets présents sera retrouvée dans une caisse dans le parc.
Le dimanche 17 mai, une rencontre police-enfants, le « Discovery Kid’s » a lieu au parc Victoria, à proximité du Parc Elisabeth. La zone de police et la commune privatisent un parc pour une journée « conviviale » en vue « d’apaiser les tensions » et « renforcer les liens entre la police locale et les jeunes », malgré l’indignation et la colère des habitant·es de Koekelberg qui demandent l’annulation de l’événement.
Dès le début de l’événement, des militant·es se rassemblent à l’intérieur et aux abords du parc pour interpeller les visiteur·euse·s qui emmènent leurs enfants aux activités proposées par la police. Forcé·es à quitter le parc, la BAB intervient et maintient les militant·es à distance, les menace et procède à l’arrestation d’un·e riverain·e qui promenait son chien.
Ce rassemblement était l’occasion de rappeler que la responsabilité de la police dans la mort de Fabian n’a jamais été reconnue, qu’aucune excuse n’a été formulée envers la famille de la part des policiers impliqués, de la police et de la bourgmestre.
Ce dimanche 31 mai avait lieu une cérémonie de commémoration pour Fabian, dans le parc Elisabeth, à proximité du lieu de l’accident et de l’arbre planté en son souvenir. Aujourd’hui 2 juin, nous adressons à nouveau tout notre soutien à la famille de Fabian, à ses proches et à toutes les soutiens ciblés par la répression dans le cadre de ce meurtre policier.
Soutien aux victimes des violences policières et à leurs familles.
Justice pour Fabian, justice pour toustes.
LES MURS LES PLUS PUISSANTS TOMBENT PAR LEURS FISSURES